J’ai eu le plaisir d’être convié au dîner organisé en petit et sympathique comité au restaurant de la maison Petrossian : le 144.
Une tablée plutôt variée et plaisante, avec en maîtres de cérémonie monsieur Armen Petrossian et sa femme Cécile, en dignes héritiers du nom.
Mouchegh et Melkhoum Petrossian ont en effet créé cette enseigne en 1920, aux prémices du caviar en France, le faisant connaître de ce fait sur notre marché, puis au reste du monde par extension.
L’homme a du charme, et nous sommes tous captivés par ses paroles, ses mots simples mais étudiés, pour décrire ce met si particulier qu’est le caviar. Pour tout vous dire, ce n’est pas la première fois que je découvre ces variétés, mais la seconde. Ma première découverte avait eu lieu dans un endroit non moins réputé et m’avait laissé un souvenir exquis.
L’inconvénient, avec ces fameux souvenirs, c’est cette fâcheuse tendance à embellir parfois la réalité. Sauf que cette fois-ci, l’expérience n’en était que meilleure !
Tout d’abord, le moindre des respects est d’attribuer le bon ustensile à sa dégustation. Il sera ainsi aussi déplorable de le déguster avec une petite cuillère traditionnelle, voire pire en argent (qui s’oxyde avec les oeufs) que de consommer du champagne dans une coupe en plastique… abominable !
Privilégiez ainsi le nacre, la corne ou simplement le bois. Dans notre cas ce sera de l’or…
On nous présente ainsi les trois coupelles qui se trouvent devant nous et qui comportent du caviar Alverta Impérial, du Baeri Impérial et de l’Ossetra Impérial. Les deux premiers sont issus de l’élevage tandis que le troisième est sauvage et provient de la mer Caspienne. Et que dire de ce dernier… Moins accessible que l’Alverta et le Baeri, il a toute ma préférence ainsi que celle de mon cher voisin… Fort iodé, il a cette saveur inimitable et surtout indescriptible, si ce n’est que je ne peux qu’en garder une pensée aromatique émue.
Je regarde autour de moi et le spectacle est aussi amusant qu’inhabituel: chacun est muet, comme envoûté par un rite gastronomique délicat et délicieux. C’est un petit peu ça le luxe, des occasions rares et intenses, que l’on peut pratiquer à plusieurs mais dont la jouissance témoigne d’un plaisir égoïste.
Comme pour rompre le silence, un invité commence à étaler quelques grains sur un blinis, s’arrêtant net, fustigé du regard par les époux Petrossian. Car non, le caviar ne se déguste pas ainsi, son arôme se suffit à lui seul.
Après avoir dégusté avec parcimonie les oeufs de saumon et le tarama -incomparable- cette fois-ci avec les blinis, je termine cette entrée avec la vodka de la maison. Autant le dire tout de suite, je n’apprécie pas cette boisson et celle-ci ne fait "naturellement" pas exception, préférant le champagne pour s’allier avec les oeufs d’esturgeon. Le jus de grenade Yablok est également une boisson à conseiller !
Passons maintenant au plat. Celui-ci est signé par le Chef Rougui Dia, jeune et talentueuse à la tête du restaurant. Trois saumons fumés "Coupe du Tsar" accompagnés d’une émulsion de pommes de terre.
Des proches m’avaient fait l’éloge de la cuisine et ce n’est vraiment pas usurpé… Entre le saumon à l’aneth, la préparation à la caucasienne ou encore celle poivrée à la Jamaïcaine, mes papilles ont adopté un nouveau standard culinaire en matière de saumon tant et si bien que le tataki de saumon de l’Alcazar qui avait droit à ma pensée émue n’est plus qu’un souvenir lointain…

C’était donc une belle soirée, agrémentée d’anecdotes amusantes et d’informations intéressantes sur le caviar. Je ne savais pas ainsi que monsieur Petrossian participait activement à la lutte contre la pêche déraisonnable de l’esturgeon.
Merci ainsi à BRM pour cette délicate attention et à Madame et Monsieur Petrossian pour nous avoir conté cette belle histoire, cette folie qu’est le caviar !
Ci-dessous, le coffret eggxiting pour déguster dans sa piscine, baignoire (à vous de voir) les précieux oeufs entre amis, ainsi que le coffret Too Much (jugé trop "bling-bling" par notre hôte) décoré de cristaux Swarovski.















Réaction de DislOck
le 4 février 2008
C’est classe !